NEIGE DE CULTURE

NEIGE DE CULTURE

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Inquiétudes sur le fonctionnement de la production de neige de culture à l’Alpe du

Grand Serre.

Contrairement à ce que l’on peut penser il ne suffit pas d’un peu de froid pour

fabriquer de la neige !

Trois paramètres entrent en ligne de compte:

1/ La température de la réserve d’eau.

L’écart entre la température de l’eau et de l’air doit être la plus faible possible.Dans notre cas les records de chaleur que nous avons connus en novembre ont maintenu l’eau de la retenue collinaire à une température anormalement élevée.Notre retenue comme celle de toutes les autres stations est équipée de « buleurs » quiont pour fonction de refroidir l’eau en favorisant l’échange thermique avec l’air. Demême en plein hiver les bulles cassent la glace pour éviter qu’un couvercle gelé empêche le refroidissement en profondeur de l’eau. Les Mortillons vivant sur la station ont pu constater de visu que les buleurs ont fonctionné normalement sans parvenir toutefois à baisser suffisamment la température de l’eau. Bien sûr les stations qui possèdent des retenues en altitude n’ont pas rencontré les mêmes difficultés.

Les personnes qui ont assisté aux réunions publiques concernant le plan local d’urbanisme ont pu constater que cette question préoccupe l’équipe municipale qui a demandé à inscrire dans le PLU la possibilité de créer une deuxième retenue en altitude dans le secteur des bergeries.

 

2/ Le niveau d’Hygrométrie

Ce deuxième paramètre est méconnu mais il est pourtant fondamental pour produire de la neige.Plus l’air est humide plus la température doit être basse sous peine de projeter de l’eau ou de la glace et non pas de la neige. Notre usine est automatisée et dès que les conditions sont réunies les canons se mettent en marche. Un système d’alerte permet de prévenir l’employé de permanence (en particulier la nuit) qui peut le plus souvent remettre en marche le système à distance. Le professionnalisme de l’équipe n’est donc pas à remettre en cause !

 

3/ La température de l’air

Si les autres conditions sont réunies nos canons peuvent se mettre en route au moment où les -2/-4 degrés sont atteints. En revanche en cas de taux élevé d’humidité il nous faut une température de -6/-8degrés  et plus enn cas de brouillard intense pour que les canonsfonctionnent!

Malheureusement depuis début décembre nous connaissons des phénomènes d’inversion de température. Il fait plus froid dans les fonds de vallées que chez nous. Le thermomètre franchit parfois la barre des moins 5 pendant seulement une heure ou deux en fin de nuit. Les mortillons ont entendu le bruit caractéristique des canons en fonctionnement à ces occasions mais compte tenu du peu de temps de fonctionnement la quantité de neige produite est bien trop faible pour être utilisée. On comprend du coup que la fonction de  ”snowmaker” nécessite une multitude de connaissances physiques et techniques. A l’Alpe du Grand Serre comme ailleurs bien sûr. C’est pourquoi dès la reprise des Installations par AGS Nature, il a été décidé investir en formation pour développer les compétences de la régie dans ce domaine. Fort de notre collaboration avec notre consœur de Vaujany notamment dans la gestion des explosifs pour la sécurisation de notre domaine, nous avons établi un plan de formation sur plusieurs saisons, parfois sur le site de Vaujany parfois sur notre domaine pour maîtriser parfaitement notre outil. Cette semaine était d’ailleurs un rendez-vous prévu de longue date pour un exercice pratique sur notre domaine…Outre la production de neige l’enjeu est d’optimiser au mieux cet outil indispensable pour minimiser les coûts d’exploitation.

 

Pourquoi le Vercors peut ouvrir certaines pistes alors que l’altitude est plus faible qu’à l’Alpe du Grand Serre?

1/ le seul épisode neigeux que nous avons connu à recouvert plus abondamment le massif du Vercors. Le week-end passé Villard-de-Lans était la station la plus enneigée de France.

2/ L’altitude n’est qu’un paramètre parmi tant d’autres. La situation météorologique le prouve puisque toutes les Alpes subissent une inversion de température. Par voie de conséquence, les stations situées plus bas  sont actuellement avantagées.

Suite à des réunions avec nos collègues des autres stations iséroises, on constate que:

– Méaudre, Gresse en Vercors, produisent de la neige uniquement sur le bas du domaine. Impossible de le faire sur le haut. En revanche Chamrousse, les 7 Laux  ne peuvent pas produire (pour rappel Chamrousse est situé à 1700m), Vaujany de son côté n’arrive pas à produire à moins de 2500 m en face nord).

Le microclimat de chaque station est également déterminant et il y a parfois de grandes différences d’enneigement sur des stations situées sur le même massif et à peine distantes de quelques kilomètres (parfois -de 10km). Exemple avec le Vercors : les effets de foehn, (vent du Sud), sont dévastateurs pour Villard de Lans et Lans en Vercors alors que Méaudre et surtout Autrans en souffrent moins (voir pas du tout pour Autrans). Autrans va par contre subir un effet appelé Bise Brune, un vent du nord, détruisant son enneigement en quelques heures alors que les stations citées précédemment ne « sentiront » rien. La prise  en compte de  chaque microclimat dans toutes ces spécificités (altitude, orientation, situation sur l’Arc Alpin, en balcon ou sur un col, soumission aux vents…) est un élément d’analyse incontournable qui relativise grandement la seule comparaison autour de l’altitude des stations. La climatologie n’est pas une science exacte  et notre  notre climat mortillon reste très particulier (conditions régulièrement estimées identiques à celles d’un « 3000 » certains jours de l’hiver). On connaît tous notre brouillard légendaire alors que l’Alpe d’huez  est en plein  soleil !

Pour une information plus imagée ci-dessous un lien avec l’émission de Jamy c’est

pas sorcier consacré au thème de la neige.

 

Quelle incidence sur le démarrage de la saison?

Pour la troisième année consécutive le démarrage de la saison va être chaotique pour l’Alpe de Grand Serre mais aussi pour un grand nombre de stations. Peu de pistes seront ouvertes, certaines stations annoncent déjà un accès limité aux seuls clients en séjours ! Le démarrage n’est bon nulle part! Dans ce contexte difficile il faut se réjouir de la stratégie mise en place dès l’an passé par l’Alpe du Grand Serre, qui par le bais de la prévente de forfaits saison engrange une trésorerie bien utile pour compenser l’absence de recettes lors du début des vacances de noël. Par ailleurs, les efforts financiers et humains consentis pour commercialiser la station et faire progresser le chiffre d’affaire et nous sortir enfin de l’équilibre fragile qui est encore le notre sont en train de « payer ». La gestion et la réorganisation de certains services déjà amorcées l’an passé vont permettre de gagner en efficience tout en optimisant les coûts de fonctionnement. Les résultats et l’équilibre des comptes déjà atteint démontrent que cette stratégie est en train de porter ses fruits …

Et pour l’avenir ?

Depuis son élection l’équipe municipale intègre les contraintes climatiques comme une donnée majeure dans la définition de la stratégie de développement à moyen et long terme du tourisme dans la commune. Cela se traduit par les orientations suivantes :

– création aussi vite que possible d’une deuxième usine à neige dans les bergeries

– mise en place d’un téléporté pour un accès direct au domaine d’altitude

(objectif minimiser les problèmes d’enneigement en début et fin de saison en bas de pistes)

– Développer la diversification des activités tant l’hiver que l’été ( plusieurs projets à l’étude dont piste de luge, installation en altitude du type tyrolienne, glisse aquatique…)

 

En résumé

Les inquiétudes et questions sont légitimes, Nous invitons tous les passionnés de la station à s’informer, à poser des questions quand il existe un doute et surtout à faire preuve de solidarité et soutenir les efforts de développement de la station !